• V

    Bonjour, le cinquième chapitre est enfin terminé. Je suis désolée du laps de temps important écoulé entre l'arrivée de chaque chapitre. Je suis actuellement en train de préparer la trame du sixième. Bonne lecture à vous. : ) 

    V

     

                Trois jours s’étaient écoulés depuis l’hospitalisation de la jeune fille. Aujourd’hui, elle sortait. Cela faisait maintenant une petite semaine qu’elle était à Val. Elle savait qu’il ne lui en restait qu’une avant la reprise des cours. Pour autant, elle balaya immédiatement cette pensée de devoir reprendre la route pour retourner sur Paris. Sa forte détermination ne la lâchait plus. Elle voulait connaître les tenants et les aboutissants des mystères de la vallée, de ses liens avec son gardien et des meurtres dont la ville se retrouvait subitement frappée. Oui, Eria allait se mettre en quête de vérité. Elle s’était décidée à commencer par reprendre le chemin de la vallée. Elle allait y retournée. Nul autre passage précédent, pas même l’auberge dans laquelle elle séjournait. Elle avait choisi de prendre un taxi, n’ayant plus sa voiture sous la main et ne cherchant pas à attirer l’attention sur elle en allant la récupérer pour retourner sur les lieux où Lucie avait été retrouvée morte et elle inconsciente. Si elle voulait des réponses, c’était certainement par là qu’elle devait commencer à chercher et mieux valait-il pour elle se faire la plus discrète possible.

     

                Il ne fallut pas plus d’une heure pour qu’elle se tînt de nouveau face au seuil de la vallée. Son regard, fixé sur le vaste horizon, montrait une pointe étincelante de volonté et de détermination. Elle avança un pas, un deuxième, puis elle entreprit une marche ferme et décidée sur le chemin.

               

    * * *

     

                Elle y était arrivée. Elle était à présent sur les lieux. Le lac se dressait à nouveau devant elle. Elle s’avança jusque son bord, le contemplant de ses yeux mêlant à la fois un sentiment d’émerveillement par la beauté de l’endroit et de frustration par les récents événements. Bon sang ! Vociféra-t-elle en son intérieur profond. Que diable s’était-il passé ?! Soudain, une brise de vent se fit fortement ressentir. Un souffle fort et frais. Eria en ressenti son être frissonner. Ce fut alors qu’un détail frappa sa mémoire. Elle se souvint. L’odeur… Comme si le vent subitement levée l’avait ramenée. Cette frêle odeur de terre mêlée à une autre plus douce lui avait frappé les narines, après avoir été violemment saisie par surprise. On lui avait pressée un tissu imbibé de chloroforme sur le visage. Était-ce l’ombre qu’elle avait, à plusieurs reprises, cru voir passer furtivement, lorsqu’elle arpentait la vallée ? Pourquoi ? Qui cela pouvait-il bien être ? Miséricorde ! Pensa-t-elle à nouveau de façon vive, dans un accès de rage quant à toutes les questions qui se bousculaient ainsi en son esprit. Elle resta quelques minutes durant à essayer de retrouver un semblant de calme pour réfléchir de manière plus sereine, bien que cela ne fût pas de tout repos. Lorsqu’elle y parvint, elle se remit en marche. Elle entreprit de quitter le chemin pour bifurquer sur celui qui faisait le tour de la grande étendue d’eau. Elle y était attirée. Elle avait cette intuition ancrée en ses pensées de pouvoir y découvrir quelque chose. Elle ne pouvait s’en défaire.

     

                Elle parcourait alors les abords du lac. Certains frissons montaient en elle à l’entente de sons étranges émanant de la sombre forêt entourant les lieux. Au bout de plusieurs minutes de marche, elle s’arrêta à l’opposée exacte d’où elle avait entrepris de longer le lac. Un amas de rochers aux couleurs grise et rougeâtre, signe de son vieillissement et de corrosion, se présentait à elle. Elle fut attirée par un creux formé au pied de cet amas. Une entrée ? Sembla-t-elle remarquer. Elle avait repéré un passage. Hésitante une minute ou deux, elle se décida finalement, sa détermination reprenant le dessus. Elle se rapprocha et se dirigea vers ce qui lui semblait correspondre à une ouverture. Elle la scruta de son regard profond. Ne fut-ce là l’entrée d’une grotte ? Où cela allait-elle l’emmener ? Tandis qu’elle franchit un premier pas sur le seuil de cette entrée, dont le mystère de savoir où cela allait la conduire prenait tout son ampleur, un événement pour le moins curieux, non, exacerbant se produisit : elle fut comme aspirée à l’intérieur et disparut.

     

                Non loin de là, dissimulé derrière un arbre, l’homme qui l’avait suivie jusque-là eut un vif mouvement d’étonnement. Il s’éloigna de la forêt pour s’approcher de ce fameux amas de roches, face auquel spectacle déconcertant, incompréhensible et surtout inexplicable, pour l’heure, venait de se produire sous ses yeux ébahis. Qu’allait-il tenté ? Allait-il, lui aussi, déclenché cet interloquant mécanisme ? Oui, pour lui, il ne pouvait s’agir que de cela. Son raisonnement se bousculait à trouver une logique rationnelle à ce qui vint de se produire.

     

    * * *

     

                Au même moment, au sein de la petite ville de Val, un fort sentiment mêlé de colère et de panique commençait son règne. Une montée d’angoisse s’emparait des habitants. Deux jeunes filles avaient été retrouvées assassinées et une troisième venait d’être, à son tour, enlevée. La police était à cran, elle avait les nerfs à vifs autant que les habitants. Pourtant, un premier suspect avait été clairement nommé, Milow Rice. Des soupçons éveillés par certaines mystérieuses coïncidences et par une forte suspicion quant à son égard porté par certains faits troublants. Un suspect qui, pour autant, restait dans la nature. Introuvable. Ce pourquoi la colère des habitants montait en grade. Milow Rice s’était simplement et subitement évanoui dans la nature, en même temps que la jeune Laura venait de disparaître à son tour. Tandis que certains inspecteurs étaient chargés d’enquêter sur la nouvelle disparition d’une autre jeune fille, d’autres étaient chargés de retrouver le gardien de la vallée, comme tout le monde le surnommait. D’autres encore poursuivaient les recherches d’indices quant aux deux premiers assassinats. Malheureusement, l’enquête avançait à petit pas, et certains habitants envisageaient une chasse à l’homme, au détriment de toutes dessuassions de la police.

     

    * * *

     

                Où était Milow ? Était-il réellement impliqué dans toute cette sordide affaire ? Quel lien avait-il avec Eria ? Tant de questions se ruaient, tour à tour, en son esprit. Les pensées du commandant David étaient focalisées sur ces deux protagonistes. Diable ! Lâcha-t-il intérieurement. Il s’acharnait à comprendre ce qu’il s’était produit quelques instants auparavant. La disparition d’Eria, sous ses yeux, sans explications n’avait de cesse de le tourmenter. Il devait trouver un moyen de pénétrer l’endroit. Il avait cette fâcheuse intuition que la jeune fille était, elle aussi, en danger.  

     

    * * *

     

                Noir. Tout lui était noirceur et flou. Aux premiers instants de sa reprise de conscience, Eria ressentit une douleur assaillante au bas de son dos. Elle n’avait pas encore bougé ses paupières qu’elle devina malgré tout que la chute fut brutale et qu’elle en était mal retombée. Allongée sur le sol poussiéreux de terre brune et rouge, elle parvint à ouvrit les yeux. Son regard se voulut furtivement mouvementé, comme pour se repérer. À première vue, elle en déduit qu’elle se trouvait à l’intérieure de la grotte. Elle peina à se relever, s’y reprenant à plusieurs fois du fait de la douleur qui se voulait vive. Elle en arracha quelques cri et jurons de sa bouche, prise entre la douleur et l’énervement de cette chute. Lorsqu’elle finit par se remettre debout, elle se retint sur l’une des parois tout aussi terreuse que le sol. Elle fixait maintenant les lieux. Deux souterrains se dessinaient droit devant elle. Elle tourna son regard vers l’entrée de la grotte. Aucune sortie. Constata-t-elle dans un souffle, laissant transparaître sa perplexité et ses interrogations. Elle se résolut à l’évidence : elle devait avancer. Elle n’avait pas le choix, ne pouvant faire demi-tour. Cela étant, elle se retrouvait face un autre dilemme : quel souterrain allait-elle emprunter ? Elle les scruta un long moment. Tous deux étaient faiblement éclairés. Des torches allumées étaient disposées sur les parois gauches. Je rêve ! Se lamenta-t-elle. Elle n’en revenait pas. Être coincée dans ce qui s’apparentait à une grotte et ne pas savoir sur quel chemin s’avancer l’agaçait. C’était reparti. Elle se retrouva vite dans un nouvel état d’énervement, impulsive comme elle était.

                Tandis qu’elle avait fini par trouver un semblant de calme pour se poser dans un moment de réflexion, elle s’arrêta dans son élan de pensées lorsqu’elle sentit la chaîne qu’elle portait autour de son cou s’agiter. Cette fois, j’hallucine. S’exaspéra-t-elle. Était-ce seulement-là une réelle hallucination ? Une projection de son esprit ? La chute avait-elle pu provoquer un choc crânien ? Pourtant, elle ne ressentait aucune douleur à la tête, ni même  encore de la fatigue. Elle se résigna, ne trouvant pas de logique ou quelconque rationalité, à ce qui se produisait. Réel ou non, elle devait admettre, pour l’heure, que cela s’était bel et bien produit. Peu importait la vérité de cet événement et de celui qui l’avait brusquement conduit ici. Son pendentif semblait lui indiquer la voie à suivre. Alors, oui, tout lui importait en cet instant présent, si un signe s’offrait à elle pour lui permettre d’avancer et de sortir de cet humide et inconfortable endroit. Le pendentif semblait attiré, tel un aimant, par le souterrain de droite. Elle hésita tout de même un court instant, avant de s’élancer. Sans perdre plus de temps, elle s’engagea dans ce qu’elle imaginait être un long et interminable souterrain dont l’humidité et cette poussière terreuse, à la drôle de couleur rougeâtre mêlé à un certain brun, étaient omniprésentes. Dans quelle aventure s’était-elle encore abandonnée ?

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