• Rencontre Tortueuse

                Autre fiction de ma propre invention, Rencontre Tortueuse, s’apparente à un policier accompagné d’une touche de surnaturel. L’histoire mêle ainsi enquêtes policières et mythes inventés par mes soins. 

    INFORMATIONS 

    Titre : Rencontre Tortueuse 

    Genre : Romanesque

    Sous-genres : Policier, surnaturel 

    Statut : En cours - 2013-2017 

    Suivi de la fiction : Actuellement, sept chapitres sont en ligne. Le huitième chapitre est en cours de rédaction.  

    \ ! / Aux âmes sensibles. Je préviens que je serai potentiellement amenée à décrire certaines scènes de crimes dans leurs détails. Si vous êtes un tant soit peu sensible à ce genre de description, abstenez vous de lire. \ ! / 

    Cette fiction m'est tout droit réservée. Elle sort entièrement de mon imagination. La ville de Val, les personnages et les faits racontés ne sont que pure fiction. Tout rapprochement avec un fait ou une personne réelle ne serait que pure coïncidence. 

    Dernière édition 23.09.2017 

    Dernière édition le 16.09.2016. 

  • Résumé

                 Eria Miles est une jeune lycéenne de dix-huit ans. Alors que les vacances de pâques sont annoncées, elle part, sur un coup de tête, pour la ville de Val. Pleine de vie et curieuse plus que tout, elle se retrouve vite confrontée à d’étranges faits assurément liés à la ville et particulièrement à la Vallée Infinie. Aventurière dans l’âme, elle se laisse tentée et décide de découvrir l’éventuel secret que renfermeraient la vallée mystérieuse et son gardien tout en suivant de près la série de meurtre dont la ville se retrouve frappée. Au détriment de sa vie, elle se voit faire face à bien des épreuves et bascule rapidement dans un autre monde. 


    2 commentaires
  •  I

     

                 Elle y était. Elle s’y tenait, devant le long chemin. Il s’étendait loin et semblait ne pas avoir de fin. Eria en était curieusement attirée. Elle était en voiture et s’était arrêtée à la vue de ce sentier. Elle ne pouvait expliquer ce ressenti, ce besoin impératif de s’y rendre. Elle le fit juste, sans se poser de questions, comme si elle en eut été hypnotisée.

    Elle restait de marbre face au chemin. Hésitante, mais fascinée. Elle s’y aventura finalement, traversant le petit pont qui faisait office de seuil ; au-dessous, ruisselait une eau claire, à demi transparente et calme. Doucement, elle avançait, prenant soin de contempler et d’admirer chaque recoin de paysage qui s’offrait à elle. Tout était présomptueux. Le chemin de terre était sec, sableux par endroit et une majestueuse forêt aux arbres et buissons bien étoffés l’ornait des deux bords. Bientôt, au-delà du verdoyant, ce fut une vaste et profonde étendue d’eau qui apparut aux yeux d’Eria, après trois quarts d’heures de marche. Un lac se présenta à elle. Elle marqua une pause et l’observa un instant. Brusquement, une brise de vent froid se fit sentir. Un semblant de tourbillon vint tournoyer à la surface du lac. La jeune fille en fut tout autant perturbée lorsqu’elle crut apercevoir une forme dont elle ne put rien distinguer de concret et qui disparut quelques secondes après. Eria poursuivit sa route, pensant qu’elle avait rêvé. Elle marchait depuis un bon moment et sous un soleil de plomb. La fatigue et la chaleur la gagnaient sans doute. Peut-être s’accompagnait-elle d’un début d’insolation. Malgré tout, elle continua son parcours. Elle s’enfonçait un peu plus, à chaque pas avancé, sur ce chemin qui s’apparentait davantage à une immense vallée au vu de grandes falaises et montagnes  qui encerclaient également les environs. Elle passa le lac, revint à un paysage de verdure et retrouva la perplexité lorsqu’elle se retrouva face à une maison en ces lieux.

                Elle n’était pas très large d’extérieur, se murait d’une pierre simple et peinte d’un blanc-cassé, s’encadrait de petites fenêtres rectangulaires, d’une haute porte principale et d’une toiture triangulaire ; les trois derniers éléments, peints d’un rouge brique. Au levé de ses yeux vers le ciel, là où le soleil vouait une fièvre considérable, Eria constata l’échappement d’une fumée. Quelqu’un attisait-il un feu de cheminée ? Par ce temps ? Quelle drôle idée… La maison était donc habitée ? Soudain, l’ouverture de la porte retentit. Par peur et réflexe, Eria se retira contre le mur, à sa gauche. Elle n’osa plus bouger et cessa presque de respirer. Elle, qui se sentait si sereine sur le chemin, était à présent prise d’une panique qu’elle ne pouvait s’expliquer. Elle suait. Elle avait tant chaud subitement. Elle sentait son cœur la marteler. Elle espérait que personne ne la vît, mais en oublia son ombre. Celle-ci la découvrit.

    « Eh bien, qui êtes-vous ? »

    Eria sursauta et ne put s’empêcher d’avoir un vif recul à l’entente de cette voix et à la vue de l’homme qui se dressa devant-elle. Ce dernier s’excusa aussitôt de lui avoir causé une telle frayeur qui se lisait encore sur son visage. La jeune fille tenta de reprendre son souffle qui s’était coupé un dixième de seconde. Elle l’observa. Grand, carré, la cinquantaine, le teint mat, les cheveux mi-longs, blanchis et attachés en une queue de cheval ; de petits yeux emplis d’un bleu clair, le regard très perçant. Il était bel homme. Elle lui trouvait un certain charme. Lui, la regarda également. Eria présentait une fine silhouette, élancée, et une peau claire. Elle possédait une longue chevelure lisse, châtain foncé, et de jolis yeux ambrés. Elle était âgée de dix-huit ans et paraissait bien plus jeune femme que jeune fille.

    « C’e… C’est moi qui suis désolée de m’être cachée sans raison. Je me promenais sur le chemin quand je suis tombée sur votre maison. J’ai été surprise de trouver une habitation au milieu de nulle part, fit-elle d’une traite après avoir respiré un bon coup. 

    -Je vois. Veux-tu entrer prendre de quoi te restaurer ? Tu as mauvaise mine et j’ai si peu de visites. »

    Eria hésita. Elle n’était pas en totale confiance. Ce qui était une réaction parfaitement normale en présence d’un parfait inconnu. Néanmoins avait-elle effectivement besoin de se ressourcer. Elle savait qu’elle n’irait pas plus loin sous ce lourd brasier. Elle accepta, à ses risques et périls.

                L’intérieur se dessinait d’un aménagement ancien. Tout était plus sombre. Fort heureusement, les rayons solaires apportaient de la couleur à l’endroit. Qu’en était-il des jours de mauvais temps ? Eria admirait cependant les nombreux tableaux aux murs et les bibelots éparpillés à travers le salon. L’homme laissa ainsi son invitée s’installer, le temps qu’il préparât leur thé glacé. La jeune fille fut étonnée de ne voir aucun feu de cheminée. Avait-elle rêvé la fumée sur le toit ? Elle pensa que c’était amplement possible et ne s’attarda pas sur la question.

    « Pardonne ma franchise mais, tu es bien imprudente de t’aventurer seule sur ce chemin. Surtout ces temps-ci, après ce qu’il s’est passé.

    -Et qu’est-ce qu’il passé ?

    -J’aime autant que tu ne le saches pas, réavisa-t-il sachant qu’il n’aurait pas dû dire cela. Je te ramènerai en ville, en voiture, ce sera plus sûr. Oh, pardonne aussi mon manque de présentation. Je m’appelle Milow.

    -Enchantée, je m’appelle Eria. Ce ne sera pas la peine de me ramener en ville, ma voiture est garée à l’entrée du chemin. Mais, dite-moi, n’avez-vous pas peur, vous, de rester seul dans de pareils environs isolés ?

    -J’aime ces lieux et leur tranquillité. Tu n’es pas d’ici pour ignorer les récents évènements dont tout le monde en ville se prête à parler. D’où viens-tu ?

    -De Paris. Je suis venue visiter le coin sur un coup de tête, on va dire. Sur la route, j’ai aperçu ce chemin et… Vous allez me prendre pour dérangée, mais j’ai comme été attirée par ce dernier. Sans vraiment m’en rendre compte, je m’y suis arrêtée. J’ai ressenti le besoin de le parcourir.

    -Chacun à ses attirances. Celle-ci est compréhensible, néanmoins dévastatrice. »

    Eria ressentit un frisson lui parcourir tout le corps à l’entente des dernières paroles de Milow. Le reste de la discussion se voua à s’échanger sa vie et se poursuivit sur la route vers la ville. Ainsi, Eria confia qu’elle travaillait comme serveuse dans un petit restaurant de Paris. Elle n’avait plus de famille et se débattait pour mener une vie correcte sans s’écrouler sous les dettes. Elle aimait les arts et vouait une fascination pour le surnaturel et les enquêtes policières. Lui, ne mentionna pas son métier et resta dans le mystère en ce qui le concernait. La route pour retourner à l’entrée du chemin fut brève, davantage rapide qu’à pied.

    « Avant que l’on se quitte, dite-moi ce qu’il s’est passé, demanda-t-elle avant de regagner sa voiture. Maintenant que je vais en ville, je finirai bien par le savoir.  

    -Pourquoi vouloir le savoir ? Cela ne t’avancera à rien.

    -Bien, je verrai cela dans le journal local, je suppose, fit-elle amusée.  

    -Attends. Promet-moi que tu ne retourneras jamais t’aventurer dans la vallée.

    -C’e… C’est promis. »

    La portière claqua. Un dernier signe de main pour se dire au revoir et la jeune fille s’en retourna dans sa propre voiture, direction Val, une petite ville réputée calme et paisible. Un petit quart d’heure suffit à y arriver. Eria s’arrêta devant une auberge et s’empressa d’aller franchir son seuil. Elle ne demandait qu’un peu de repos. Elle se posa face au comptoir où une charmante femme – de taille et de corpulence moyenne, les cheveux brun, coiffés en un simple chignon, les yeux marron et semblant âgée d’une quarantaine d’années – l’accueillit.

    « Venue se poser avant de reprendre une longue route ? Dit-elle souriant.

    -Venue pour visiter, en fait, corrigea l’intéressée lui rendant son sourire.

    -Fan d’art ?

    -On peut le dire.

    -Je l’aurais parié. Il n’y a qu’une petite galerie d’art à visiter ici.

    -Et une sublime vallée à proximité.

    -La Vallée Infinie ? Ah, c’est vrai qu’elle attire.

    -La Vallée Infinie ? Charmant surnom qui lui correspond bien.

    -N’est-ce pas. Mais, prenez garde à son gardien.

    -Son gardien ?

    -Milow Rice. Un artiste mystérieux qui vous laisse à vos frayeurs.

    -Artiste ? J’ai remarqué des tableaux chez lui. Est-ce les siens ?

    -Vous êtes allez chez lui ? Estimez-vous chanceuse. Rares sont les personnes qu’il a déjà invitées dans sa mystérieuse demeure, s’amusa la femme comme s’il s’agissait d’un homme important. Pour vous répondre, c’est exact. Ce sont ses tableaux. Notre petite galerie en expose certains. »

    La discussion s’acheva. La dirigeante de l’auberge, Éloïse Maréchal, donna à Eria les clés de sa chambre et lui expliqua le fonctionnement de l’auberge. La jeune fille s’en retira aussitôt.

                Tranquillement, elle déballa ses quelques affaires et les rangea – une première pour une fille aimant le désordre. Eria était décrite comme fonçeuse, aventurière, libre et incorrigible rêveuse. Elle s’allongea sur le lit, écouteurs aux oreilles. Elle essayait de se laisser emporter par la musique qui s’infiltrait en elle. Elle essayait de ne songer à rien. Peine perdue. Toutes ses pensées ne s’adressaient qu’à une seule personne : Milow. Elle se retrouva avec une envie irrésistible d’en apprendre davantage sur cet homme. Elle s’endormit sur ces questionnements à son sujet, accablée par la fatigue de la route depuis Paris. 


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique