• Chapitre X – « Quêtes. Alliée. »

    Bonjour, 

    Le dixième chapitre est enfin là. L'histoire touche, petit à petit, à sa fin. Il me reste cinq chapitres à écrire. Bonne lecture. ; ) 

     

    Chapitre X – « Quêtes. Alliée. »

     

                Une avalanche de pluie s’abattait depuis le ciel gris, fendant l’air maussade. En cette fin d’après-midi de mauvais temps, la jeune fille retranchée dans sa chambre, scrutait, sans vraiment fixer de point fixe, l’horizon au travers de la fenêtre. Elle était plongée dans une profonde réflexion. Elle ressassait encore et toujours les fous événements passés depuis la rentrée. Des semaines et des semaines s’étaient écoulées depuis. De plus en plus, elle ne cessait d’être obnubilée par son désir de savoir grandissant. Elle n’avait de cesse de se demander par quoi elle allait bien pouvoir commencer pour trouver réponses, ou plutôt par qui, se ressaisit-elle. Maman… Pensa-t-elle avant de se rétracter. Cela faisait plusieurs jours maintenant que son père était à l’hôpital. Son état semblait s’être stabilisé, mais il n’avait pour autant pas encore repris connaissance. Sa mère n’était plus qu’en proie à la tristesse et ne demeurait plus que silencieuse depuis l’accident. Jamais elle n’allait vouloir lui dire quoi que ce fût. Mary-Jane ? Se dit-elle ensuite. Non plus. Sa camarade était bien trop effrayée par tout cela ; réfractaire à l’enquête que menait l’adolescente depuis le début, elle n’allait certainement pas accepter de se lancer maintenant avec elle dans une course aux réponses. Soudain, une image vint refaire surface en son esprit éparpillé jusqu’alors. Mademoiselle McKing… Sa professeure d’histoire qui lui semblait tant impliquée dans tout ceci et qui, en même temps, ne lui avait pas révélé grand-chose. Elle cachait encore bon nombre de secrets à ses yeux. Cindy en était certaine et elle avait prit sa décision. Parfait. Elle sourit à cette pensée. Ses lèvres venaient de dessiner sur ses traits fins un sourire de détermination. Oui, c’était par elle qu’elle allait commencer sa quête de vérité.

     

    * * *

     

                Dans un coin reculé de la ville de Chesnoth, l’homme qui avait jadis donné les renseignements sur Cindy demandés par la mystérieuse jeune femme, qui semblait tant lui en vouloir, tentait de rester dans une discrétion sans failles. Son métier de détective privé l’avait entraîné à chercher davantage d’informations sur cette femme qui lui paraissait être de mauvais augure. Néanmoins, malgré toute la discrétion dont il avait pris soin de faire preuve, il n’était pas de taille à échapper à la vigilance de la jeune femme qui l’avait engagé. Celle-ci, s’adonnait à surveiller toute personne mêler à cette affaire, de près comme de loin. L’homme, ayant rassemblé des informations pour elle, y était alors mêlé. La jeune femme assurait ses arrières et pressentait bien que ce détective risquait de lui obstruer sa quête de vengeance. Elle le tenait. S’il avait la malencontreuse idée de rentrer en contact avec l’adolescente, elle savait ce qu’il lui restait à faire. Tandis que l’homme passait les ruelles en jetant de furtifs regards comme pour s’assurer qu’il n’était pas suivi, il s’arrêta net dans sa marche lorsque la jeune femme se présenta devant lui.

    « Vous… Déclara détective dans une intonation de surprise.

    -Heureusement que je garde un œil sur tout mes contacts. En tant normal, j’élimine tout gêneur. Vous, en revanche, êtes chanceux. Vous qui vouliez avertir cette fille, vous allez finalement m’être bien utile. Attention cependant à ne pas me jouer de mauvais tour, une âme de plus à ajouter à ma collection ne me serait pas de refus. Tenez vous tranquille jusqu’à ce que je vous contacte à nouveau ; et gardez bien à l’esprit qu’il est dans votre intérêt de sagement m’écouter. »

    La jeune femme esquissa un sourire luciférien avant de tourner les talons et partir, laissant l’homme perplexe. Qui pouvait bien être cette femme ? Comment pouvait-elle savoir ce qu’il avait en tête ? Enfin, qu’allait-elle attendre de lui ?

     

    * * *

     

                L’heure y était. La sonnerie retentit. La fin du cours était annoncée. La jeune fille allait enfin pouvoir jouer carte sur table avec son enseignante. Certains élèves se ruaient pour quitter la salle en vitesse. D’autres prenaient davantage leur temps. Au fur et à mesure, la classe finit par se vider. Seule Cindy était encore-là, debout derrière sa table, fixant de son regard déterminé sa professeure. Alice McKing savait ce que son élève attendait. Elle parvenait parfaitement à déchiffrer son regard qui ne lui signifiait rien d’autre que des réponses voulues. Alors, elle brisa la première ce lourd silence dont la pièce et l’atmosphère étaient imprégnées depuis plusieurs longues minutes.

    « Je lis bien-là en toi une détermination démesurée de vouloir des réponses. Néanmoins, il me faut t’avertir que les connaissances que tu pourras acquérir ne seront pas sans conséquences. Quand on est dans la confidence, on s’expose au danger.

    -Merci de votre avertissement. Néanmoins, je me vois dans l’obligeance de poursuivre ma quête de vérité.

    -Très bien. Tu auras des réponses, mais pas ici. »

    Alice McKing lui suggéra de la retrouver après les cours à la bibliothèque de la ville.

                 

    * * * 

     

                En dehors de ce monde, dans un autre espace-temps, prisonnière, une âme scintillait de détermination. Sa fureur grandissait à mesure que l’intensité de rancœur de la jeune femme, qui la gardait en captivité, augmentait. Cette dernière l’avait appelée grâce au livre, à des fins machiavéliques, dans l’intention de se servir d’elle pour accomplir sa quête vengeresse. La colère et l’amertume de la jeune sorcière la rendait plus forte. Elle s’en nourrissait depuis maintenant des mois. Elle allait enfin bientôt pouvoir se libérer et poursuivre ainsi l’assouvissement de sa propre vengeance entamée depuis des décennies déjà. Celle qui la tenait avait beau être dans un état semblable au sien, elle n’en restait pas moins une Rein. Rein… À la seule pensée de ce nom, elle sombra dans les profondeurs de ses souvenirs.

     

                Rein… Oui, ce nom ricochait en ses souvenirs. Cette famille avait été la cause de son propre déclin il y a de cela un siècle en arrière. Son enfant lui avait été arraché. Elle avait été qualifiée d’incapable quant à s’occuper d’un enfant. En proie à une tristesse infinie, elle se détermina malgré tout à récupérer sa fille. Celle qui lui avait alors brisé le cœur en la lui retirant, acheva finalement sa vie en mettant en scène son meurtre, le maquillant ainsi en suicide. Pourquoi ?! Une fureur incommensurable avait consumé sa personne entière, à l’instant même où elle réalisa qu’elle n’était plus qu’une vulgaire entité. Elle déferla toute sa rage contre son village, à commencer par son aînée, responsable de son malheur et qui n’était même pas de son sang. Elle vengea la maltraitance de son existence. Une effroyable légende était née au sein de Raintown.

     

    * * *

     

                Un silence de velours remplissait l’endroit. Un silence comme il n’y en avait jamais eu auparavant dans ce lieu voué aux livres. L’adolescente et sa professeure étaient maintenant face à face depuis plusieurs longues minutes. Elles se toisaient du regard, l’une cherchant à interroger les pensées de son acolyte, l’autre réfléchissant encore quant à savoir si ce qu’elle s’apprêtait à faire était une bonne idée. Alice McKin brisa finalement à nouveau le silence.

    « Je perçois toujours en toi cette détermination sans fin, bien que terriblement dangereuse.

    -Vous cherchez encore une fois à vous dérober… Répliqua Cindy.

    -Très bien, allons-y. Suis-moi, commanda la jeune femme.

    -Doucement. Où allons-nous ?

    -Dans les méandres des souvenirs. »

    La jeune brune eut une pensée interrogative quant à l’expression soudainement nostalgique, un brin mélancolique, de son enseignante. Elle la suivit alors, sa détermination, quant à avoir des réponses, reprenant le dessus sur son vif esprit. Alice McKing traversa la bibliothèque, et emmena ainsi son élève jusqu’aux secrètes coulisses de l’endroit. L’adolescente, parcourant de ses yeux verts perçant les lieux, s’étonna de remarquer seulement maintenant que personnes n’étaient là à part elles deux. Arrivées devant une porte, Cindy observa longuement celle-ci. Un détail la chiffonnait. Aucune serrure. Aucune poignet. Alice McKing, quant à elle, posa une main sur le côté droit du mur et appuya légèrement. Un mécanisme se déclencha, ouvrant ainsi la porte. Elle entra la première, suivit de près de la jeune fille. Cindy observa à présent les lieux qui se présentaient à elle. Il s’agissait d’une petite pièce garnie en anciens objets et vieilleries. Le parquet au sol montrait un bois vieillit par le temps. Quant aux murs, ils avaient jaunis, sans doute à cause de l’humidité et de la moisissure.

    « Qu’est-ce que cette pièce au juste ? Et pourquoi étions-nous seules dans cette bibliothèque ?

    -Tu ne t’es sans doute pas aperçue de la petite affiche stipulant la fermeture exceptionnellement tôt aujourd’hui. La gérante des lieux nous a ouvert. C’est une vieille connaissance de la famille, poursuivit-elle arborant un sourire enjouée sur son visage. Pardon, de notre famille, se reprit-elle aussitôt, toujours souriante.

    -Pardon ? S’exclama la jeune fille interloquée. » 

    Alice McKing ne revint pas sur ses dires. Elle se contenta de lui sourire à nouveau, avant de reprendre sérieusement la conversation.

    « Si je t’ai amenée ici, c’est certainement parce qu’il s’agit du lieu le plus sûr pour un pareil moment de révélations, sans que ma sœur ne puisse entrevoir notre entrevue.

    -Votre sœur ?

    -Je te l’avais pourtant dit : je ne suis pas l’ennemi, bien au contraire. J’ai compris que tu parlais de ma sœur lorsque tu as sous entendu que j’étais venue ici faire des recherches sur la plus vieille légende de Raintown. J’avais, quelques temps avant, senti la présence de ma sœur dans les environs. Cependant, lorsque j’ai compris qu’elle était ici et dans quel but, elle avait déjà tué quelqu’un. J’ai baissé ma garde en m’abstenant à la pratique un certain temps.

    -Voulez-vous parler de… sorcellerie ?

    -C’est cela même. Cindy, ma sœur et moi sommes jumelles. Tout comme l’était ta grand-mère Julia et ta grand-tante Catherin qui a donné naissance à une fille. Cette dernière, adoptée et tombée enceinte très jeune, a reproduit le même schéma et a ainsi fait adopter ses jumelles. Je suis une jeune professeure, je ne suis pas beaucoup plus âgée que toi, chère cousine.

    -Com… Comment…

    -Est-ce possible ? Là n’est pas la plus urgente des questions. Écoute-moi attentivement. Les lettres que tu as trouvées, sont les vestiges d’un amour passé. Un amour secret entre un homme et sa belle-sœur. Ton grand-père George et Catherin ont eu une liaison qui a engendré la naissance de leur fille cachée et le meurtre de ta grand-tante par sa propre sœur terrassée par la vengeance et prisonnière de la sorcellerie des années durant. Ma sœur vit aujourd’hui la même situation. »

    Alice McKing conta ainsi son histoire à l’adolescente, lui révélant qu’elles étaient du même sang. Elle finit par lui enseigner que la sorcellerie n’était pas une pratique sans danger. Le risque de sombrer dans les tréfonds de la magie noire, lorsque l’âme qui la pratiquait était en proie à de mauvais sentiments, était sans appel. Ce, même si cette âme pratiquait initialement la magie dans une bonne intention. Sa propre sœur jumelle et la grand-mère de Cindy en étaient de parfaits exemples. Cindy était stupéfaite, déconcertée, confuse. Quelles autres révélations sa professeure allait-elle lui dévoiler encore ? Soudain, un mal de tête intense s’empara d’elle. Elle s’agenouilla lorsque de furtives visions lui arrivèrent en son esprit. Des flashs lui vinrent ainsi pendant quelques secondes. Des secondes qui lui parurent interminables. Elle se sentit subitement vaciller et tomba – une nouvelle fois – à terre. 

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 8 Juillet 2016 à 11:05

    Hello
    pas mal du tout ça!
    bon le mot obstruer ne va pas avec la narration à toi de voir...
    bonne, très bonne continuation.
    je vais essayé de te mettre en lien.
    à plus.
    y.

    2
    Samedi 9 Juillet 2016 à 14:06

    Bonjour, 

    Merci pour ton avis. : ) 

    Je vais voir avec quel mot je pourrai remplacer « obstruer ». 

    Bonne journée. : ) 

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