• Chapitre V, « Souvenirs »

    J'avance à tatons, essayant tant bien que mal de garder une certaine cohérence par rapport au début de l'histoire. Pas facile. x) Bonne lecture. :)

    Chapitre V, « Souvenirs »  

                  Julien marchait, l’esprit occupé. Toutefois, il ne songeait pas à de nouvelles proies. Ce moment lui était privilégié étant assailli d’un premier souvenir… Des images lui parvenaient et défilaient tel un flash-back. Il se revoyait avec son frère, enfant, jouant dans la petite cour du bâtiment gigantesque – à leurs yeux – qu’ils habitaient en compagnie d’autres camarades. Un timide sourire mélancolique se glissa sur son visage, mais se défit si tôt à l’entente de la voix.

     « Qu’est-ce que tu fous ?! Tu vois pas que tout le monde te regarde ?! Tu crois que c’est le moment de se faire remarquer ?! »

     Julien avait remis ses mains sur sa tête, signifiant qu’il souffrait d’un mal considérable, comme à chaque fois que la voix résonnait en lui. Il regarda brusquement autour de lui lorsqu’elle se tue et constata avec stupeur et frayeur qu’il était l’objet des regards curieux. Pris de court et de panique, il prit ses jambes à son cou, tel un voleur. Il ne supportait pas que l’attention lui fût portée. Il courait, sans savoir où il allait. Ce ne fut qu’après avoir couru durant plusieurs minutes sans destinations précises qu’il se décida à rentrer chez lui. À peine était-il dans l’appartement qu’il se mit à crier, les larmes aux yeux. Que lui arrivait-il ? Était-il seulement possible qu’il pût ressentir quelconque culpabilité – entre avoir tué son petit frère et pas moins de cinq victimes ? Sa folie qu’il projetait sur autrui se retournait-elle contre lui-même ? – Malheureusement, la voix était toujours là. Elle le rappelait à l’ordre, encore, le soir venu. Pour autant, aussi incroyable que cela put paraître, Julien l’obstrua par d’autres souvenirs qui lui remontèrent. Il revit ce même bâtiment que quelques heures auparavant, en haut de celui-ci, une enseigne : Orphelinat Béranger. Très vite, l’image se flouta, laissant place à d’autres défilant à vive allure, lui causant un terrible mal de tête, plus violent, plus oppressant, plus assaillant. Il fut pris d’un vertige, tout tournait. Il vacilla.

      * * *

                  Il était assis et contemplait scrupuleusement une liste – des noms y étaient inscrits et se suivaient en colonnes. Inspiré dans le parcours de cette liste, il fut soudainement interrompu par l’appel de son nom. L’un des lieutenants l’appela, agité. L’annonce d’un appel à témoin – que le commissariat avait fait passer afin d’espérer arrêter le tueur le plus vite possible – avait enfin donné lieu une nouveauté. Une femme répondant au nom de Marie-Rose Gabriel vint d’appeler, soutenant que le présumé profil établi du tueur lui rappelait bien une personne en particulier. Le commandant et l’un de ses lieutenants partirent sur le champ. La femme habitait à une demi-heure environ.

    * * *

                  Maison simple, entourée de murs habillés d’un papier peint blanc cassé rayé d’un marron clair et agréablement décorée de bibelots et de vases à fleurs. Le commandant et son lieutenant contemplait, observait avec précision la demeure de leur témoin. Quelques minutes passèrent, Marie-Rose leur servit un café ; elle, prit un thé et la conversation put enfin débuter.

     « Bien, parlez-nous de notre meurtrier.

     -Commandant, je ne voudrais aucune méprise. J’ignore s’il s’agit de votre meurtrier.

     -Vous doutez tout de même, sans quoi, vous n’auriez pas appelé le commissariat.

     -Très bien. Je me souviens du temps où j’enseignais à l’orphelinat Béranger…

     -L’orphelinat Béranger ? Les initiales correspondraient, constata le lieutenant coupant ainsi le témoin.

     -C’est possible, en effet. Continuez, omit le commandant s’adressant à Marie-Rose.

     -Il y avait ces deux petits garçons, Julien et Tom. Ils étaient adorables bien que l’aîné, Julien, était parfois turbulent. Son frère, de deux ans de moins que lui, le suivait constamment dans ses jeux. Ils étaient inséparables et Julien se montrait très protecteur. Il faut dire que les autres enfants n’étaient pas toujours tendres à leur égard… Julien et Tom présentaient beaucoup de difficultés scolaires. J’ai su, peu après le drame, qu’ils avaient été hospitalisés en psychiatrie ; j’avais quitté mon poste à l’orphelinat peu de temps avant. Ce qu’il s’était passé m’avait laissé de glace et mon mari avait été muté ailleurs, je suis donc partie.

     -Dite m’en plus sur ce drame que vous venez d’évoquer.

     -Une fin d’après-midi, tandis que tout le monde était à l’intérieur de l’établissement, nous avons été alertés par des cris. Moi et d’autres personnes du personnel sommes sortis. Nous avons trouvé le corps d’Anna Lacier, une toute jeune enseignante… Ce terrible souvenir demeure à ce jour intact dans mes souvenirs… Elle baignait dans son sang. Nous étions sous le choc. Les enquêteurs de l’époque avaient conclu à une agression. Ce qui rendait les choses davantage tragique était que les petits, Julien et Tom, se trouvaient près d’elle. Ils étaient en état de choc. Anna était pour eux comme une seconde mère. Elle les adorait. Revoir le même type de drame qui était arrivé à leur mère biologique les a sans nul doute traumatisés à nouveau. 

     -Pourquoi ont-ils été admis en psychiatrie ? Présentaient-ils quelconques troubles mentaux ?

     -Ils présentaient certains signes, en effet. Tout ce que j’ai su, c’est qu’ils semblaient entendre des voix.

     -Vous avez connu ces deux garçons enfants, pourquoi penser que l’aîné serait aujourd’hui un meurtrier de sang froid ?

     -En fait, commandant, j’ai revu Julien il y a quelques semaines. J’étais de passage à l’ancien orphelinat et je m’étais arrêtée au cimetière du coin, Anna y reposait. C’est là que je l’ai vu. Je l’ai de suite reconnu, à son visage. Il n’avait pas l’air d’aller bien. Je suis allée à sa rencontre et je l’ai entendu murmurer de curieuses paroles. J’ai cru qu’il parlait à Anna, mais il semblait plus se parler à lui-même. Lorsque qu’il m’a vu, il a détalé comme un lapin. Et puis, il y a la manière dont les victimes ont été tuées… J’ai entendu la presse. Tous ces coups à arme blanche… La mère de Julien et Tom, tout comme Anna, avait été tuée de la même manière.

     -Julien revivrait les deux drames et les reconstituerait donc par vengeance ? Rétorqua le commandant pour ensuite immédiatement dériver sur une autre question. Avez-vous entendu son monologue, lorsque vous l’avez vu au cimetière ?

     -À moitié, je n’ai pas tout compris. Un moment, il a mentionné Dieu. Il disait sa volonté de justice allait s’accomplir. »

    L’entretien prit fin. Marie-Rose leur donna l’adresse du centre hospitalier où Julien et Tom avaient été admis enfants. Le commandant espérait ainsi obtenir d’autres informations et pouvoir arrêter le coupable avant qu’un nouveau crime ne fût commis. Était-ce seulement possible ?

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  • Commentaires

    1
    kaki33 Profil de kaki33
    Mercredi 8 Mai 2013 à 13:59

    J'ai lu ton histoire en entier , bravo ! On s'y accroche facilement , c'est bien écrit et c'est juste super ! J'adore !!!

    2
    Mercredi 8 Mai 2013 à 17:36

    Merci beaucoup, c'est gentil. =)

    3
    Soeurettej Profil de Soeurettej
    Dimanche 30 Juin 2013 à 11:11

    C'est un récit passionnant qui se veut de ne pas donner entièrement tord au criminel! J'aime beaucoup le thème de la folie qui pousse au meurtres!^^

    4
    Dimanche 30 Juin 2013 à 13:57

    Merci :)

     

    5
    Soeurettej Profil de Soeurettej
    Dimanche 30 Juin 2013 à 14:01

    De rien!^^

    6
    Samedi 28 Juin 2014 à 23:15

    J'aime beaucoup l'histoire, avec ces meurtres, et tout et tout ! A quand la suite ?

    Et Christine, c'était leur mère, hein ? ;)

    7
    Dimanche 29 Juin 2014 à 10:12

    Merci, contente que tu apprécies l'histoire. :) 

    Oui, Christine était leur mère. ^^ 

    J'espère pouvoir écrire la suite bientôt. Il me reste encore deux semaines de cours avec des examens avant de pouvoir souffler, une fois en vacances, je me remettrai à écrire. ^^ 

    8
    Dimanche 29 Juin 2014 à 11:50

    Je suis si intelligente ! *^* Et si modeste en passant ! =]

    D'accord, d'accord ! J'espère pour toi, que les examens se passeront bien ! ^^

    9
    Dimanche 29 Juin 2014 à 12:40

    ^^ Merci ^^ 

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