• Chapitre V – « Offensive »

     

                Ils étaient tous là, à me regarder. « Qu'y avait-il encore ? » Me demandai-je intérieurement. Pendant un bref instant, j’observai le fondateur. Je n’en avais encore jamais rencontré. C’était le premier. Mais j’en avais beaucoup entendu parler.

                Silencieuse comme elle l’était, l’atmosphère ne me plaisait guère. D’autant plus que j’étais l’objet de tous les regards. Je brisai donc le silence. Je demandai ce qu’il se passait.

     

    « Pourquoi une telle réunion de famille, et en présence d’un fondateur ?

    -Pardonnez mon intrusion – comme je le ressens ainsi à travers vous – jeune fille, me répondit l’homme vêtu de sa longue robe blanche et dorée – habit traditionnel chez les fondateurs. Je suis ici pour vous en apprendre davantage sur le bracelet.

    -Hm, et c’est aussi pour ça que tous le monde à les yeux braqués sur moi ? Dis-je avec rhétorique et d’un petit ton ironique.

    -Non, plutôt tout le monde est-il surpris du rôle et de l’importance que vous avez dans le nouveau conflit qui, si je ne m’abuse, a déjà commencé, corrigea-t-il d’une voix calme et posée.

    -Surpris, hein… Répliqua aussitôt maman laissant paraître son agacement.

    -Piper… Lui souffla papa.

    -Je comprends vos inquiétudes Piper…

    -Vous comprenez ?! Eh bien moi je ne comprends pas ! Et je dis que ma fille est trop jeune pour une telle responsabilité !

    -Piper…

    -Non Léo. Je refuse que notre fille soit mêlée à ça !

    -Il faudra bien l’accepter. Le bracelet lui est destiné, continua papa comme si je n’étais pas là, tout le monde d’ailleurs sembla ne plus me voir.

    -Hm… Me raclai-je la gorge en guise de signe de vie – ce qui ne servit pas à grand-chose.

    -Pas maintenant Cindy, me murmura Wyatt. Je levai, dès lors, les yeux au ciel, mais m’abstins d’intervenir de suite. Personne ne nous eut remarqué et la discussion s’enchaîna.  

    -N’y a-t-il pas une solution pour que quelqu’un d’autre protège le bracelet ? Demanda ma sœur, Melinda, comme pour calmer le jeu – elle était très médiatrice.

    -Je regrette, il n’y en a aucune. Votre sœur en est l’unique protectrice.

    -Ne me faite pas croire qu’il n’y a aucune alternative !

    -Piper…

    -Hm…

    -Cindy…

    -Non, ça suffit ! Criai-je pour désormais bien me faire entendre – et comprise. Il me semble que c’est moi la principale concernée ! J’ai peut-être mon mot à dire ! Peu importe que je sois « trop jeune », la question n’est pas là. Je suis la gardienne du bracelet, il m’est destiné, je dois le protéger du mal, et je le ferai quoiqu’on en pense, dis-je en insistant bien sur le dernier « je ».

    -Voilà qui est on ne peut plus claire. Vous semblez certain de ce qui vous attend, jeune fille. En étiez-vous déjà informée ? Me questionna le fondateur, soudain devenu soupçonneux.

    -Non. Simple déduction, mentis-je.

    -Je vais maintenant vous laissez en famille.

    -Très bonne idée, fis maman, me lançant un regard noir. »

     

                Le fondateur partit. Et voilà… Je sentis qu’un savon allait m’être passé. Je savais que je n’avais pas rassuré maman et que lui faire accepter mon rôle de gardienne n’allait pas être de tout repos.

     

    « Est-ce que tu as perdu la tête ?

    -Tu ne peux pas m’écarter de ça ! Écoute, je sais que tu t’inquiètes, mais ne pas me mettre dans la confidence quant à ce qui se prépare, ni même me laisser agir, ne me mettra pas à l’abri du danger pour autant. Et je suis très bien conseillée.

    -Elle a raison, m’approuva Chris. Même si on l’éloigne, les démons sauront la retrouver et ne feront que la poursuivre sans cesse, jusqu’à ce qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent. Et puis, personne à part Cindy ne peut prendre possession du bracelet, il ne se laisse lui-même porter que par sa détentrice légitime. C’est un fait.  

    -Tu as dit que tu étais bien conseillée ? Tu pourrais être un peu plus précise ? M’interrogea papa, « mince… » Pensai-je alors.

    -Je ne peux pas, non. Désolée, pour l’instant, il faut me faire confiance. »

     

                Sur ces derniers mots, je partis du salon et remontai dans ma chambre. Pour être honnête, je me sentis mal à ce moment-là. Mal de leur cacher mes entrevues avec Prue, mais je ne voulus pas qu’elle eût des ennuis avec les fondateurs – car je présumai qu’ils savaient beaucoup de choses et j’eus déjà éveillé des soupçons chez l’un d’entre eux – et puis, je ne sus pas comment leur dire, surtout à maman.

                J’étais debout, face à la fenêtre. Je fixais l’horizon. Je pensais et repensais à tout ce qu’il m’avait été dit ces derniers jours : que le bracelet m’était destiné, qu’il était l’objet de tous les désirs démoniaques, et qu’une nouvelle guerre entre le bien et le mal s’enchaînait, dès lors. J’étais préoccupée de savoir comment j’allais m’en sortir. Je fus sortie de mes pensées – pour le moins stressantes – par une voix qui m’était plus que familière. C’était Chris.

     

    « Ce n’est pas facile ces derniers temps, n’est-ce pas ?  

    -C’est le moins que l’on puisse dire, répondis-je en me tournant vers lui.

    -Il faut comprendre maman, tu sais.

    -Je sais. Et je la comprends. Mais, j’ai toujours fait preuve de prudence, non ? Je veux juste qu’on me fasse un tant soit peu confiance, pour une fois.

    -Ça irait peut-être un peu mieux si tu disais comment tu en sais autant à propos de toute cette histoire.

    -Ce n’est pas si simple… Les fondateurs… ils peuvent nous entendre ?

    -Ils ne sont pas la police magique tout le temps, tu sais.

    -Un peu quand même...

    -Écoute, si tu veux mon avis, ils ont mieux à faire pour l’instant que de jouer les espions mesquins, me dit-il l’air amusé et souriant. Je lui rendis un sourire avant de poursuivre sérieusement.   

    -C’est juste que la personne qui m’a renseignée risque d’avoir des ennuis si jamais ils apprennent qu’elle l’a fait alors qu’ils étaient contre. Et puis, la seconde vérité, c’est que je ne sais pas comment l’annoncer, notamment à maman. Elle ne va pas apprécier.

    -Plus tu attendras, plus ce sera difficile. Dis-le moi, et je pourrais aviser de le dire à maman en temps voulut avec les mots qu’il faut.

    -Il s’agit de Prue.

    -Prue ? Prue, notre tante ? Tu as contacté notre tante ?

    -Oui, notre tante. Mais ce n’est pas moi qui l’ai contactée, c’est elle. Ça fait déjà quelques mois. Mais elle ne m’a que récemment averti au sujet des récents évènements. Dès notre première communication, j’ai voulu le dire. Prue ne voulait pas. J’ai simplement respecté sa décision. Maintenant…

    -Tu culpabilises de n’avoir rien dit… »

     

                J’acquiesçai d’un signe de tête. Chris avait toujours su me cerner mieux que quiconque.

                Nous fûmes interrompus par le bruit d’un vase brisé. Nous sortîmes de ma chambre et descendîmes quelques marches de l’escalier – histoire d’être prudent auquel cas il s’agirait de démons. Nous observâmes ce qu’il se passait. Nous pûmes voir deux démons.

     

    « Ils sont probablement venus pour le bracelet.

    -Pourquoi n’y a-t-il plus personne ? Où sont-ils tous passés ?

    -Wyatt et Melinda sont repartis. Maman… Tu la connais. Elle avait besoin de sortir, je crois qu’elle est partie voir tante phoebe et tante paige. Quant à papa…

    -Attention ! Criai-je. – Pour la discrétion, je vous l’accorde, nous dûmes repasser. Nous vînmes d’éviter deux boules d’énergie. – Hey ! Ça n’était pas très gentil ! M’exclamai-je avant de projeter les démons à l’autre bout du salon.  

    -« Ça n’était pas très gentil », hein ? Depuis quand les démons le sont ? Rétorqua Chris amusé.

    -Ils pouvaient au moins avoir la décence de prévenir.

    -Je ne crois pas non plus que ce soit dans leur corde.

    -Ça, ça peut s’arranger, si c’est votre dernier souhait, fit l’un des démons avant qu’il ne fît apparaître une boule d’énergie. L’autre le suivit.

    -Comme c’est aimable à vous, répliquai-je aussitôt, mais nous ne l’entendons pas vraiment de cette façon. »

     

                Mes yeux se fixèrent sur ces démons. Ils sourirent tels des chasseurs tenant leurs proies. Ils étaient sûrs de nous avoir. Là fut leur erreur. Je me tournai vers Chris. Nos regards croisés en dirent long. Les démons étaient quelque peu éloignés l’un de l’autre. C’était parfait pour ce que nous projetâmes de faire.

                Nous nous éclipsâmes. Chris réapparut le premier entre les deux êtres maléfiques.

     

    « C’est moi que vous cherchez ?

    -Je crois qu’ils nous cherchent tous les deux, non ? Dis-je en réapparaissant aux côtés de mon frère. »  

     

    Mon frère devant un démon, moi devant l’autre, ils s’apprêtèrent à lancer leurs boules d’énergie. Nous attendîmes qu’ils le fussent et nous éclipsâmes au même moment. Leur attaque ainsi lancée, ils se tuèrent mutuellement.

                À peine nous vînmes de nous défaire de deux démons qu’un être des ténèbres apparut immédiatement après, arbalète devant lui, prêt à tirer. Chris était visé. Après crier une nouvelle fois attention, je lui fis signe de s’écarter et occupai, aussitôt, de l’être des ténèbres retournant – par mon pouvoir – son arme contre lui. Malheureusement, je n’eus pas le temps de me réjouir. Les rôles s’inversèrent et ce fut à Chris de me protéger. Un autre être des ténèbres était là. La panique s’empara de moi lorsque je m’aperçus que la flèche l’avait atteint. Mon regard se fixa, dès lors, sur l’être malfaisant. Un regard empli de colère, d’autant plus lorsque je le vis afficher un petit sourire démoniaque avant qu’il ne disparût.

                Des secondes, des minutes, une heure. Le temps passait lentement. Après ce qu’il s’était passé, j’eus tout de suite appelé papa pour qu’il pût soigner Chris. En vain. Maman et mes deux tantes étaient aussi rentrées. Paige essaya à son tour de guérir la blessure. En vain à nouveau. Wyatt et Melinda furent rappelés et essayèrent aussi. En vain, en vain, et encore en vain. Aucun de nous ne comprit pourquoi personne n’y parvint. Quant à moi, je ne pouvais rien faire – n’ayant toujours pas développé, à ce moment-là, mon pouvoir de guérison que les êtres de lumière avaient. Nous fûmes tous inquiets. Le poison de la flèche pouvait agir lentement comme rapidement. Chris était en train de mourir, le temps pressait. Une idée me vint alors. En une éclipse j’arrivai au grenier, jusqu’au Livre des Ombres. Je feuilletai les pages d’un geste pressé. Je vous explique. Je me souvins ce jour-là, qu’il existait une formule d’inversion des pouvoirs. Maman l’avait utilisée il y a quelques années pour sauver papa du même danger qui menaça Chris. Je voulus donc l’utiliser à mon tour. Mais je ne la trouvai sur aucune page. Avait-elle été effacée ? Sur le moment, je me le demandai en raison d’une page blanche trouvée parmi les premières écrites du Livre. Alors quoi ? Sort du destin ? Chris devait mourir ? Non. Je refusai cette idée. Je ne pus l’accepter.

                Redescendue au salon, je tenais la main de mon frère. Ma peine et ma douleur étaient intenses, mes yeux emplis de larmes. Soudain, je sentis un léger poids me peser sur le poignet droit, comme si quelque chose vint de s’y accrocher. De suite, je baissai la tête. Quelle fut ma surprise lorsque je me vis porter le bracelet – que j’eus rangé précieusement dans ma chambre. Comment fut-ce arrivé ? Pas de réponse immédiate. De nouveau brusquement, je ressentis une sensation étrange, une chaleur mais également autre chose. La puissance, le pouvoir. Je vis, dès lors, jaillir une lumière de ma main tenant celle de Chris. Je l’avais trouvé. J’avais trouvé ce pouvoir de guérison, je l’avais à présent en moi. Comment ? Encore une énigme qui fut résolue plus tard.


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  • Je pense que ce deuxième chapitre n'est pas très réussi. Enfin, je ne suis pas très contente de moi mais je n'arrive pas à écrire mieux ce chapitre, donc je le poste comme il est à présent.

      

    Chapitre II, « Seul »

     

                Seul. Il était seul à présent. Deux jours après avoir tué son petit frère, il fut soudainement prit d’une démence encore plus meurtrière. Une rage poussa en lui. Un désir fou de tuer le hantait à présent. Il était davantage nerveux et agité depuis que son cadet n’était plus. Par ailleurs, il s’était violemment acharné sur sa dernière proie – la première depuis ce qu’il avait fait. Il ne savait plus où il en était.

                Rouge. Le sol était rouge. Rouge terni. Au milieu d’une flaque de sang séché se trouvait le corps d’une jeune femme, meurtri par nombre de blessures. Une équipe de la police technique était sur les lieux à examiner la scène du crime et récolter les indices pour les envoyer ensuite au laboratoire de la police scientifique, tandis que le médecin légiste entreprenait les premières observations du cadavre. Entre temps, un homme arrivait. Il passa les scellés et se dirigea tout droit vers le corps. Il était jeune, environ la trentaine, de taille et de corpulence moyenne. Il avait un visage quelque peu allongé, de courts cheveux châtain clair, des yeux verts et marron, une fine barbe. Il portait un simple haut couvert d’une veste, et un jean. Il commandait l’équipe. Arrivé près du légiste, un agent de la police technique vint le rejoindre.

     

    « Avons-nous une identité ? Questionna le commandant.

    -Melissa Carlz, vingt-quatre ans, étudiante en médecine. On a retrouvé ses papiers d’identité dans son sac à main.

    -Il était à portée du corps ?

    -Affirmatif. On a également retrouvé de l’argent liquide et sa carte bancaire. Le vol ne semble être pas le mobile.

    -C’est bien plus que cela, en effet, enrichit le commandant. Cette jeune femme n’a pas seulement été tuée. Elle a été charcutée. Le tueur s’est acharné sur elle. L’heure de la mort ? Demanda-t-il au légiste.

    -La mort doit remonter à deux ou trois heures. J’en saurai davantage après l’autopsie.

    -L’arme du crime ?

    -Vu la trajectoire des coups portés, je pencherai pour une arme blanche, un couteau. Probablement à double tranchants. Les marques me semblent irrégulières.

    -Bien. »

     

                À cette même heure de la nuit, dans son appartement, Julien tournait en rond. Il avait gardé ses vêtements tachés de sang. Il réfléchissait probablement à quand serait sa prochaine chasse. Le jour prochain ? La nuit prochaine ? Tout de suite ? Alors qu’il méditait là-dessus, la voix de Dieu – de ce qu’il croyait être – lui revint.

     

    « Que fais-tu donc ?! S’exclama-t-elle. Reprend-toi ! Ton frère était faible ! Toi seul peux mener cette mission à bien ! »

     

                Il était évident que la voix n’existait pas, si ce n’était dans sa tête. Tout émanait de lui, de son intérieur profond. Pour lui, la voix de Dieu et la mission de punir les humains de leurs péchés, étaient deux faits on ne peut plus réels.

                Mal comme il était, il mit ses deux mains sur sa tête, comme pour faire taire la voix. Mais cette dernière eut le dernier mot, et Julien se reprit. Il dut se faire à l’idée de continuer son devoir de punir les êtres pêcheurs et ce, seul.


    10 commentaires
  • Bonjour, ^^

    Mes vacances commencent aujourd'hui et je pars demain. Du dimanche 22 avril au lundi 30 mai (inclus), je n'aurai pas d'accès internet, donc je ne pourrai pas venir sur Ekla.

    Bonnes vacances aux personnes qui le sont, et bonnes reprises à ceux et celles qui reprennent le travail.

    =)


    16 commentaires
  • Bonjour et bienvenue à vous !

    C'est le premier poème que j'ai l'honneur de poster sur ce blog, j'espère que vous savourez comme moi cet instant. 

     

    La fleur rêveuse

    Ouvre-toi délicate fleur

    Je serai là pour te cueillir,

    Te rappeler toutes ces heures

    Où l'Amour nous faisait sourire.

     

    Découvre-toi petite fleur,

    C'est le moment de nous aimer.

    Aujourd'hui gagne le bonheur,

    Et apprenons ce qu'est rêver.

     

    Oui le rêve, amour de toujours,

    Pensée éphémère de la nuit,

    Savoir rêver même le jour,

    Et être libre ailleurs, ici.

     

    Croquer la vie à pleine dent,

    Respirer enfin librement,

    Et se dire lorsque vient le temps,

    Que le moment c'est maintenant...

     

    J'espère que ce poème vous a plu et fait réfléchir sur les fleurs et les ouvertures, moi je continue de rêver... Vous pouvez allez lire le poème suivant si vous le souhaitez ! 

     

    Amicalement,

    Narcose.


    19 commentaires
  • Bonjour, bonsoir, ^^

    Sur les conseils d'une amie, Soul Dream, j'ai créé une rubrique qui vous sera consacrée. En effet, vous pourrez, si vous le voulez, poster vos écrit sur ce blog. Une façon de s'entraîder les uns les autres dans l'art de l'écriture.

    Si vous souhaitez mettre vos écrits dans cette rubrique, je metterai une ou plusieurs catégories à votre prénom, surnom, ou pseudonyme (comme vous voulez) où vous pourrez poster. ;)

    Si vous êtes intéressé, merci de me le dire en réponse à cet article. ;)


    61 commentaires



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